Maïla Merca Haël

"Le véritable changement s’opère intérieurement, remonte des profondeurs, s’exprime au dehors et transforme le monde. Car lorsqu’un rouage (une personne) se transforme, c’est le fonctionnement de l’ensemble du mécanisme qui en est affecté." M.M.H. (Extrait de "L'Unité du Réel, une éthique de la création artistique" – 2014)

Biographie

Je dessine une rosasse, j’ai 4 ou 5 ans, je partage un moment d’amour avec ma mère. Je suis dans la cours de l’école, en CM1 ou CM2 j’ai copié le dessin d’un conte pour enfant. J’adore dessiner pendant la récréation, j’adore dessiner les images que je trouve dans les livres. Les mardis soirs où une ou deux copines viennent dormir à la maison, nous dessinons beaucoup. J’invente un dessin et elles le reproduisent. Club-dessin au collège, Cours de peinture à Narbonne. Je rencontre Alexandra qui m’initie  au manga et l’invention de mondes fantastiques, des dessins au stylo noir et au crayon de couleur, très détaillés, un œil surplombant une montagne sur fond de ciel violet, une dragonne protégeant ses œufs dans un désert aride à la terre rouge et au ciel vert, le désir sûr et tranquille de vouloir en faire mon métier. Je projette de rentrer aux Beaux-arts après le Bac. Et puis le lycée. Je fais quelques peintures à l’acrylique, abstraites ou abstraitement figuratives. Je choisis de passer l’option Arts plastiques au Bac et je présente des dessins abstraits au stylo bille et au crayon de couleur, j’en obtiens une note honorable. Je passe le concours des Beaux-arts à Toulouse et à Lyon. Echec. Grosse déception. Je ne sais plus quoi faire. Je pleure beaucoup. J’arrête toute pratique artistique pendant six mois. Je m’inscris à la fac de droit de Montpellier. Je sèche 99% des cours. Je repasse le concours des Beaux-arts l’année suivante. Re-échec. La décharge me fait m’inscrire à la fac en Arts-Plastiques. Je me mets à la photo, à Photoshop, au tableau sculpture, à l’installation. Je n’utilise la peinture que comme outil pour réaliser ces vues de l’esprit et ces états d’âmes que je tente de matérialiser. Je produis peu. Je mets un an pour concevoir une œuvre, un tableau, un court métrage. Tout est très mental, introspectif, symbolique, laborieux. Je passe ma Licence à Paris 8 mais m’ennuie. J’arrête les études et me réinstalle dans le sud, à côté d’Alès. Ces réalisations introspectives, critiques et mentales sur ma conception du monde m’épuisent et m’angoissent. Je fuis l’atelier que j’ai pu m’aménager. Je décide de lâcher prise. Je laisse de côté pour un temps tout travail artistique, trop de pression, trop d’attentes, trop de questions sur le monde, mon art, mon identité d’artiste, ma réalité en tant qu’artiste. Je suis invitée par ma colocataire à faire un atelier de peinture à Alès. On parle de couleur, de couleur peinte comme note de musique. Je ne comprends pas de quoi il s’agit. Je me laisse tenter, comme ça, pour voir, pour m’amuser. J’y rencontre Christian Astor. LE Peintre. Je tombe en admiration. Je le reconnais instantanément comme mon maître de peinture. Les mots, les gestes, la stature, le charisme. En cinq minutes avec Astor, j’en ai appris plus qu’en trois ans de fac. Je lui demande quelques temps plus tard si je peux venir le voir dans son atelier, grand choc pictural, c’est la révélation ! Commence alors, en 2006, l’enseignement : « Etre soi, être à soi », « Seul le Soleil travaille » et une recherche approfondie sur la couleur.