Maïla Merca Haël

"Le véritable changement s’opère intérieurement, remonte des profondeurs, s’exprime au dehors et transforme le monde. Car lorsqu’un rouage (une personne) se transforme, c’est le fonctionnement de l’ensemble du mécanisme qui en est affecté." M.M.H. (Extrait de "L'Unité du Réel, une éthique de la création artistique" – 2014)

The White Carousel Process

Sommaire

1 : Un Art Universel ?

2 : L’Idéal de beauté

3 : Les impasses à la création artistique

4 : La couleur

5 : Maïla Merca Haël

6 : L’expérience du White Carousel

7 : Le White Carousel Process

8 : Changement de regard

9 : Un Idéal collectif ?

10 : Don de peinture

11 : Sur l’Art

 

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J’arrive aujourd’hui à un carrefour. Je ressens la nécessité profonde de me relier au monde par le biais de ma pratique artistique. La question du rêve et de la réalité m’a toujours accompagnée. Et évoluant au sein d’un monde de plus en plus virtuel, faire la part du monde réel, au sein duquel avoir une action véritable, et du monde des illusions, ne s’est pas avéré chose facile. Mais il me semble avoir franchi la barrière du miroir qui me séparait de moi-même mais également du monde extérieur et de l’autre.

L’artiste se situe entre le rêve et la réalité. Il est, comme le disait Kandinsky dans « Du spirituel dans l’Art »1, un pont entre la terre (la réalité) et le ciel (le rêve).

Mais comment le rêve d’un seul peut-il pénétrer la réalité collective et adopter un caractère universel touchant l’humanité dans son ensemble ?

La frontière entre l’Art et la Folie se situe peut-être dans cette simple question.

Quelle différence y a-t-il entre l’Art et la Folie ?

Certainement le caractère universel ou autiste de son contenu. Le caractère universel de l’Art, ouvert sur le monde et celui, hermétique, de la Folie, refermé sur elle-même.

De quelle manière l’artiste peut-il faire le pont entre le rêve et la réalité ?

Ou de quelle manière l’artiste peut-il réaliser ses rêves. Sont-ils tous réalisables ?

Quel est le rêve universel de l’Artiste ?

Au delà du travail relativement autiste de ma pratique artistique au sein de l’atelier, quelle portée peut-elle avoir dans le monde ? Quelle est son influence ? Quelle est sa résonance ? De quelle manière apporte-t-elle quelque chose à l’Homme en général et à la société ?

Ma pratique artistique a-t-elle un sens au delà de ma propre individualité, de ma propre perception et de mon chemin personnel ?

Quelle peut être la portée d’une image abstraite, puisque telle est ma peinture et, en même temps, quelle peut être la portée du processus créatif qui l’engendre ?

Dans un premier temps, définir le vocabulaire que nous allons employer me parait primordial.

Il est ici nécessaire de définir les termes de « création artistique ».

On parle de création au sens où l’on manifeste dans le monde matériel quelque chose qui n’existe pas encore, en le tirant du néant et de l’indifférencié.

On parle d’Art au sens où l’on exprime une notion idéale de la beauté à travers les formes les plus variées.

On parle donc de création artistique au sens où l’on manifeste dans le monde matériel une notion idéale de la beauté qui n’existe pas encore.

Y a-t-il une manière convenable d’être à la création artistique ? Ou de quelle manière peut-on manifester véritablement dans le monde, une notion idéale, donc personnelle, de la beauté qui n’existe pas encore ?

Dans une société qui, pourrai-t-on croire, a déjà tout exploré et tout inventé et se borne à l’amélioration continue de ce qu’elle a déjà créé, comment peut-on manifester quelque chose qui n’existe pas encore ?

Il est également nécessaire de définir les termes «conscience », « mental » et « pensée » tels qu’ils seront utilisés.

La conscience est employée au sens où elle désigne le fait de percevoir ce qu’on est soi-même et ce qui se passe autour de soi, sans apriori.
Le mental est employé au sens où il désigne la propriété que possède l’esprit humain de porter des jugements normatifs immédiats sur soi-même et ce qui se passe autour de soi (c’est bien, c’est mal), acquise par l’éducation et la somme des expériences enregistrées comme étant bonnes ou mauvaises, en deux mots, dualiste et conditionnée.

La pensée  désigne l’ensemble de l’activité de l’Esprit, conscience, mental, faculté d’interprétation des phénomènes internes et externes, imagination, rêve éveillé, idées, intellect, capacité de réfléchir.

Nous faisons ici une distinction entre le mental conditionné et la faculté d’interprétation libre des phénomènes internes et externes.

A travers le récit autobiographique qui va suivre, j’apporterai mon expérience et mon regard de femme et d’artiste peintre sur ces différentes questions.

 

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Le rêve de l’Artiste, ce qui va conduire son travail, soutenir son propos, guider sa recherche, est la base de toute création artistique. Sans Rêve préalable, sans Idéal, il n’y a pas d’Art.

Il peut parfois y avoir des choses qui s’en approchent ou y ressemblent, par l’utilisation des outils propre à l’Art (peinture, dessin, sculpture, photographie, vidéo…) ; Cependant, l’apparence ne fait pas l’œuvre d’Art.

Qu’est-ce qu’une Œuvre d’Art ? C’est un ensemble. Une technique, l’expression d’une créativité et surtout, le partage d’un idéal.

J’ai pris conscience de l’existence de mon Idéal de Beauté et de ces termes au fur et à mesure que j’évoluais dans la vie et prenais conscience de moi-même. Il n’a pas toujours été clair, mais je l’ai toujours porté en moi et je suis aujourd’hui capable d’en parler et de le partager.

Cet idéal ne se limite pas à une chose en particulier. Il est Harmonie Totale, Unité Globale dans la Diversité.

Il englobe la Terre entière, la Vie dans toutes ses manifestations et l’Humanité dans sa globalité. Je rêve d’un monde harmonieux où les êtres pourraient vivre libres, autonomes et sereins. Un monde dans lequel ils pourraient s’épanouir et vivre ensemble dans la paix, la joie d’exister et l’authenticité. Un monde où les crimes, les mensonges, les conflits, les inégalités, la coercition, l’autodestruction, toute les formes de la négativité, cesseraient pour donner place à l’Amour, la Confiance et la Coopération Collective en osmose avec notre milieu naturel. J’imagine un monde où chacun pourrait trouver sa place dans l’expression juste de sa personnalité. Un monde où tous les besoins de base seraient comblés pour tous par l’abondance de ce que nous offre la Terre, sans aucun laisser pour compte. Je rêve une Humanité capable de vivre à l’image de son milieu naturel, comme les abeilles ou les fourmis, qui malgré le nombre important d’individus, parviennent à fonctionner dans un univers organisé, non destructeur et viable à long terme, apportant leur contribution à l’épanouissement de la Vie en général.

Je rêve Harmonie, Ensemble.

Ceci est mon rêve et je tends vers lui. Je crois en lui.

Depuis toujours, depuis le début.

De toute évidence, la société mondiale n’a pas encore créé cet idéal sur terre. J’ai donc quelque chose de nouveau à apporter et je ne vois aucune raison d’être modeste à ce sujet, je respecte l’existence de cet Idéal en mon être. Je suis cependant consciente du caractère utopique de sa réalisation dans la société contemporaine.

Mais enfin, on ne choisit pas l’Idéal qui nous habite. On nait avec, on le ressent, on en prend conscience et on fait avec. On le sert du mieux possible car le contraire ne peut que nous plonger dans la tourmente et la détresse les plus profondes.

Je ne le verrai certainement pas se réaliser dans le Monde de mon vécu, mais j’aurai participé à son expansion à l’échelle du vécu de l’Humanité, si expansion il y a. J’aurai fais ma part, dans le cadre de ma portée et de ma vie. J’aurai fais ce que j’ai à faire.

 

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Un Idéal d’Harmonie Totale et d’Unité globale ne peut être appréhendé dans la disharmonie et la séparation, il demande une manière d’être à la création artistique qui soit en accord avec lui et permette de le partager selon ces termes. Et cela n’a pas été chose facile. Sur le chemin de la création, je me suis heurtée à différents barrages en explorant des zones intérieures qui, à priori, permettaient d’être à l’Art mais qui en fin de compte, se sont avérées des impasses.

Quelles ont été ses zones et à quelles impasses ont-elles aboutit ?

A mesure que j’ouvrais les yeux sur la réalité, je ne voyais que peur, destruction, violences, mensonges, conflits, manipulation, coercition, négativité.

Le monde réel dans lequel je vivais était à mille lieux de mon Idéal.

Chaque individualité errait seule, à travers le chaos, dans la violence et la souffrance.

Je voyais Chaos, Seuls.

 

Au début de mon cheminement dans l’Art, alors que j’étais étudiante en Arts Plastiques, il me paraissait important de rendre visible, par l’œuvre d’art, mon sentiment, mes états d’âmes et ma vision du monde.

En partant du principe que la seule manière de proposer quelque chose de nouveau, donc qui n’existe pas encore, était de me proposer dans ma sensibilité et ma différence.

Par l’utilisation de symboles, je cherchais à les traduire dans la matière.

Je traduisais des images mentales en utilisant des compositions concentriques. Les lignes verticales, horizontales et obliques et le centre de l’image étaient représentées par des structures géométriques et symétriques. J’illustrais le sentiment par le symbole, le noir et le rouge étaient omniprésents. Parfois la terre glaise, parfois la peinture, parfois la photo. Le médium n’avait pas de valeur en soi, il était pour moi un outil et un moyen de parvenir à mon but. Je faisais des tableaux-sculptures en bas relief (Evolution mentale, techniques mixtes, 80 x 80 cm, 2001 ; Sens, techniques mixtes, 150 x 100 cm, 2002 ; Cri, techniques mixtes, 70 x 100 cm, 2003 ; Omniscience, techniques mixtes, installation, 80x 120 cm, 2004 ; Aporie, techniques mixtes, 150 x 100 cm, 2005),  un court-métrage (Etat d’urgence, animations d’images fixes, N/B, 2’41’’, 2003)5. J’écrivais également. Les textes présents sur les œuvres étaient, en général, à caractère poétique et mystérieux. M’exerçant à l’écriture automatique, je n’en ai parfois compris le sens que des années plus tard.

A l’époque, je n’avais que l’intuition de mon idéal mais ne l’avais pas encore formulé. J’évoluais au sein d’un état émotionnel tourmenté que mon regard sur le monde ne faisait qu’amplifier. J’étais profondément affectée par tout ce que je voyais. Mon sentiment, mes états d’âmes et ma vision du monde étaient extrêmement négatifs. La notion de beauté se situait dans une certaine sublimation de l’horreur humaine par le caractère esthétique et fascinant des images que je proposais au partage. L’injustice, les dérives de la société capitaliste, la corruption des pouvoirs, l’asservissement idéologique, la violence, les difficultés sociales, le malaise global m’amenait à avoir une relation très critique avec l’humain et les sociétés qu’il construit. Utiliser ce matériau pour créer, pour offrir une image nouvelle, un tableau, un court métrage, m’amena à prendre conscience des nombreux mécanismes d’autodestruction de l’Homme, dans un premier temps, mais également de les nourrir en moi pour pouvoir en rendre compte. De cette manière, je recréai en permanence ces malaises et cette autodestruction. En dénonçant ce qui ne tournait pas rond, en voulant faire prendre conscience à l’autre de ces troubles, le mettre face à lui-même dans ce que l’humanité a de plus noire, je devenais moi-même une partie du problème car je ne faisais qu’entretenir la souffrance en la reproduisant dans et par l’œuvre, en moi et dans le monde extérieur.

Si l’antonyme d’ « idéal » est « infernal » et si l’antonyme de « beauté » est « laideur », je ne manifestais pas mon « Idéal de Beauté », je manifestais mon « Infernal de la Laideur ». Je ne faisais pas de l’Art, je faisais le contraire. J’avais inversé les termes de mon action.

Ce qui me conduit dans une impasse créative. Ma créativité se mourrait. Toute production étaient très lente, difficile, laborieuse et ne me procurait aucune joie.

D’une part l’utilisation des symboles m’obligeait à être dans une réflexion et une approche très mentale et intellectuelle du monde par l’analyse critique des sociétés et de mes sentiments à leur égard, ce qui me conduit à un étouffement mental stérile et à la dépression, d’autre part, je m’épuisais dans la souffrance d’une incapacité à vivre dans ce monde qui me paraissait être l’enfer sur terre.

Je découvrais le pouvoir d’influence de l’image sur les états d’âmes. Je découvrais également que l’état créatif dans lequel se trouve l’artiste au moment de la production de l’œuvre reste présent dans l’œuvre, comme gravée dans les sillons d’un vinyle dont l’âme de chacun est le tourne-disque et peut le ressentir.

J’avais besoin d’harmonie mais ne la vivais ni en moi, ni autour de moi.

L’abattement et les désillusions sur la possibilité de vivre et de s’épanouir m’amenèrent à remettre en question le sens même de ma pratique de l’Art et de ma place en ce monde.

Par instinct de survie, et parce que je n’avais pas le choix si je voulais continuer à vivre, je choisis d’abandonner cette voie. Je devais inverser les termes de ma création artistique.

 

J’envisageais alors une porte de sortie et formulais mon souhait d’une nouvelle créativité.

Je voulais découvrir mon expression propre au-delà du mental.

J’avais besoin de liberté. Une liberté qui, par définition, se déchargerait des impasses, des blocages, des prisons, des peurs, du doute, de l’incertitude, du jugement, de la censure de l’angoisse, de la dépression… Une liberté qui me permettrait de développer une créativité spontanée, disponible, abondante, non dépendante de mon état émotionnel ou mental. Une liberté qui me donnerait fluidité, disponibilité, renouvellement et ouverture dans l’action de créer. Une liberté qui m’apporterait la joie d’être à moi-même et à l’Art.

 

Ayant pris conscience que j’avais besoin d’harmonie pour vivre heureuse et sortir de l’angoisse qui me paralysait, et constatant le désordre ambiant, j’y recherchais des solutions pour découvrir des possibilités d’expansion et d’épanouissement.

Je recherchais de plus en plus la solitude, ne me sentant en paix que dans ces moments, de plus en plus nombreux, de confrontation directe avec moi-même.

Guérir le monde m’apparut comme une nécessité vitale car comment vivre sainement dans un environnement malade ? Comment guérir le monde ?

Je commençai par observer les voies de malaises : conflits relationnels, incompréhensions réciproques et antagonismes des différents groupes décisionnels et des personnes qu’elles encadrent (ex : Etats/peuples, instances médicales/populations, industries/écosystèmes, religion/religion, etc.).

L’impasse, la destruction et le chaos étaient présents partout et les conflits d’intérêts généralisés à toutes les couches sociales, à tous les pays, à tous les peuples.

Pour guérir le monde, je devais commencer par me guérir moi-même.

Comment, à hauteur d’individu, avoir une action dans le monde qui ne renforce pas le chaos ? Comment vivre en paix en ce monde ?

Je commençais par devenir moi-même œuvre d’Art. Telle une matière plastique, je façonnais ma vie à l’image de l’idéal d’un monde parfait.

Toujours par l’utilisation du mental, je jugeais ce qui en soi représentait un problème et j’adoptais le comportement qui m’apparaissait représenter la bonne solution au but fixé.

Les instances politiques, quelque soit leur programme ou leur bord, exerçaient un pouvoir coercitif, je choisissais de ne pas y prendre part et de conserver mon libre arbitre et mon pouvoir personnel, en désobéissant si nécessaire, refusant de leur céder la moindre emprise sur moi, refusant quoiqu’il arrive tout pouvoir extérieur à moi-même, d’où qu’il provienne.

Les instances médicales en place me paraissaient faire plus de mal que de bien, les scandales des laboratoires pharmaceutiques, l’ignorance à long terme, sur l’individu et les sociétés, des effets des médicaments et des pratiques médicales contemporaines voilées par la convoitise de l’argent, de la gloire et du pouvoir me donnaient froid dans le dos.

Je choisis de trouver des solutions intérieures de guérison me permettant de ne plus dépendre de leur diagnostic et de leur médication, ce que je fis d’ailleurs et qui m’apporte toujours aujourd’hui la satisfaction d’avoir découvert, ou créer, mon propre mécanisme d’auto-guérison.

Je passais en revue tous les axes de souffrances de notre société et m’en désolidarisais.

Je mangeais bio et végétarien, évitais les produits toxiques, fermais mon compte bancaire, résiliais mes assurances, cassais ma carte vitale, renonçais à tous mes droits sociaux, ne votais pas, ne fréquentais plus les grandes surfaces, tournais le dos aux personnes enclines à l’exercice du pouvoir, de la violence ou du conflit, ne travaillais pas, ne payais plus de loyer, ne possédais plus d’argent. J’idéalisais la gratuité, l’entraide et les échanges de services comme mode de vie local et alternatif. Et me croyant posséder la seule vérité viable à long terme, je prêchais à qui voulait l’entendre qu’elle était la seule voie possible de santé et de bonheur. Je faisais le vide de tout ce qui me paraissait représenter une menace à mon idéal. Je disparaissais petit à petit de la société.

Je finis par me retrouver toute seule, hormis ma famille et mon compagnon qui heureusement, étaient également réceptif à ce mode de vie. Nous construisions une vie alternative totalement autonome énergétiquement et alimentairement, en marge du système en place, au sein d’une ferme maraichère dans le Cantal.

Je courais après mon idéal et faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour devenir cet idéal par la seule force de ma volonté.

J’y suis parvenu dans la forme. Malheureusement, je n’ai pu y parvenir dans le fond :

il m’était impossible de prendre part à l’activité collective (simple en soi : faire le jardin, s’occuper des animaux, faire des conserves, rénover le lieu de vie, etc.). Malgré toute ma bonne volonté et toute ma détermination en ce sens, j’en étais totalement incapable physiquement et émotionnellement, j’avais le sentiment permanent d’étouffer, je ne parvenais toujours pas à être heureuse. Je voyais que le monde autour de moi était toujours aussi violent et négatif, les violations du milieu naturel et de l’humanité toute entière étaient toujours d’actualité. Les autres ne changeaient pas non plus, les relations étaient toujours aussi difficiles, conflictuelles, destructrices. Le monde ne guérissait pas. L’Harmonie apparente n’était qu’un leurre.

Cette prise de conscience m’amena à vivre un épisode de folie mentale au sein duquel tout ce que je croyais savoir s’effondra, je n’étais pas qui je prétendais être. J’étais devenu un mensonge. Je m’étais créée par la projection mentale d’une illusion, d’un mirage. J’étais devenue moi-même cette illusion et ce mirage et je ressentais profondément le mensonge de cette création. Je mourrai intérieurement. En vérité, je savais tout mais je ne savais rien. Malgré tous les changements que j’avais pu opérer dans mon mode de vie, malgré tout le chemin que j’avais parcouru pour réaliser ce rêve, il m’échappait encore. Je pouvais voir la  réalité se dérouler sous mes yeux  mais j’en étais séparée. L’écran des apparences ne m’accueillait pas dans l’Harmonie. Rien n’avait changé, j’avais transformé les formes, mais n’avais pu transformer le fond de mon âme et je n’étais toujours pas à ma place.

 

Mais quelque chose se produisit à cette époque de totalement inattendu.

Mon mental, ne sachant plus quoi penser, était devenu totalement obsolète et inutile pour me guider en ce monde, car saturé de toutes les idées et de leur contraire. Il entra dans une phase de silence profond.

Je découvrais en même temps que j’étais enceinte.

Le caractère inattendu et inespéré de cette nouvelle (cela faisait des années que je souhaitais être mère sans résultat et en était profondément affectée) me bouleversa.

Je me retrouvai face à un choix : continuer à vivre ou mourir à la vie sur Terre avec laquelle je n’avais plus aucun lien, ne pouvant vivre nulle part, me sentant étrangère à tout, n’ayant de place ni dans ce monde idéal que j’avais créé, ni dans l’autre, chaotique, auquel j’avais refusé d’appartenir.

 

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Parallèlement, à cette époque, je découvrais la couleur et la peinture abstraite grâce à ma rencontre avec Christian Astor. Il m’initia et m’ouvrit la voie vers laquelle je tendais. Cette rencontre fût la plus puissante de mon existence, hormis le caractère bourru et difficile de l’homme, le peintre me mit face aux premières peintures qui me bouleversèrent véritablement. J’entrais dans son atelier et la puissance chromatique de ses compositions me procurait une joie indescriptible, ouvrait mon âme et stimulait ma créativité au point que le désir de peindre me rendait euphorique et me faisait presque mal, ce que je n’avais, jusque là, encore jamais ressenti devant aucune autre œuvre artistique. La liberté du choix des couleurs, des compositions, la manière de les peindre et la diversité de sa proposition étaient époustouflantes.

Son enseignement, quoique souvent obscur, me donna les moyens de découvrir la liberté dont j’avais tant besoin et que j’avais souhaité si fort dans ma créativité. Grâce à lui, je ne véhiculais plus mes sentiments, mes états d’âme et ma vision du monde par le biais de la pratique artistique. En la dépouillant de la prise de position politique, en la plaçant au-delà, en la libérant de moi-même, de mes interprétations du monde, de mes cris, de mes anecdotes personnelles, en faisant fi du passé et de l’avenir et des peurs et désirs y étant rattachés, je me retrouvais en plein dans l’espace pictural en tant que tel avec pour seuls moyens, les pinceaux, la toile et les couleurs. Je n’étais plus le sujet de mon œuvre, je laissais la couleur prendre cette place.

Par ces moyens d’expérimentation et de recherche, par le simple jeu des couleurs, des formes, des rythmiques, des harmonies et des contrastes, je commençais à produire une œuvre libre et ma créativité était florissante. J’avais déjà quitté l’espace mental dans la peinture, avant de pouvoir le quitter dans ma vie. Je peignais intuitivement les accords chromatiques, faisant confiance à la couleur pour s’organiser d’elle-même. Je découvrais qu’elle possédait une vibration propre, vivante et autonome. Je découvrais l’Harmonie à travers elle.

Au bout d’un an environ, pour préserver cette liberté naissante et me donner entièrement à elle, je dû quitter le maître et faire mon propre chemin. En effet, la peur d’être assujettie à l’autre de quelque manière que ce soit, amena Astor à me renvoyer cette image. La colère du passionné ainsi que sa volonté de contrôle m’était insupportable. Je n’ai pas achevé mon enseignement à ses côtés car, même si je sais qu’il aurait pu m’amener plus loin encore dans l’expression, je n’avais pas les moyens à l’époque de résister à son emprise à long terme. Pour ne pas me perdre en lui, je pris le risque de voler de mes propres ailes et renonçais en même temps d’en savoir plus sur la couleur à travers sa transmission.

Mais malgré le bonheur de ma confrontation avec la toile et de ma pratique solitaire, je restais en marge du monde et accumuler les toiles au fond de mon atelier n’avait pour moi aucun sens. Après avoir fait quelques expositions et malgré l’enthousiasme général, je vendais peu et ne pouvais subsister grâce à ça. Là aussi, j’avais le sentiment d’être séparée de l’Existence par l’écran de mes illusions. J’en ressenti une profonde colère envers moi-même, les autres et la Vie et abandonnais la peinture en même temps que je vivais à la ferme et étais enceinte.

 

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Je me retrouvai donc face à un choix : vivre ou mourir.

J’étais allée au bout de moi-même dans la solitude. Si loin que mes attaches avec le monde étaient devenues imperceptibles. Je ne voyais plus aucune raison de continuer à vivre. Mais je n’étais pas malheureuse, au contraire, j’en avais seulement conscience, je constatais. Je n’appartenais déjà plus à ce monde. Je n’y avais pas ma place, ne pouvais y agir et en était rejetée. J’appartenais déjà à un ailleurs, au-delà, dans l’Absolue.

Cependant, mon mental silencieux et la vie se développant en moi, je rentrais en phase d’observation du processus vital en lui-même.

Un être se développait en moi, et ma volonté, mes idées, ma pensée n’y étaient pour rien.

Chaque cellule, chaque élément constitutif de cette vie, grandissait, s’organisait, s’ordonnait et se transformait, dans l’Intelligence la plus Pure, donnant forme à un être en devenir, pensant, sentant, conscient, agissant, sans que j’ai quoi que ce soit à voir avec ça de manière volontaire.

La seule chose que j’avais à faire était laisser-faire et ne rien faire de plus que ce qui était déjà en train de se faire, naturellement, spontanément et malgré moi, en mon sein. J’en fus bouleversée et émerveillée.

La Vie m’avait offert ce cadeau si longtemps désiré. Le combat intérieur entre ma volonté de vivre et celle de basculer dans l’autre monde dura quelques semaines. Mais je choisis finalement d’accepter ce présent et d’en être digne. J’avais trouvé une place : être aux côtés de mon enfant et l’aimer comme seule une mère peut le faire.

Mais je n’avais toujours pas résolu le problème de ma place en ce monde.

Je décidais d’adopter le Processus Vital observé dans mon ventre comme guide en ce monde et de laisser cette Intelligence opérer à travers moi pour ce faire.

Ne sachant plus rien, et ayant pris conscience de mon incapacité à vivre en harmonie avec le monde extérieur de manière calculée, mentale et volontaire, je lâchais prise et entrais en confiance profonde avec cette Intelligence Libre et Autonome, qui m’avait elle-même créée et qui circulait nécessairement à travers moi, puisque j’étais vivante. Je décidais de vivre comme je peignais : en me dépouillant de mes jugements, en me plaçant au-delà, en me libérant de moi-même, de mes conditionnements, en faisant fi du passé et de l’avenir et des peurs, des blessures et des désirs  y étant rattachés. Je me retrouvais en plein dans l’Espace Vital Intérieur en tant que tel avec pour seuls moyens : Ma Vibration Vitale, la Confiance et l’Amour. Si cela avait fonctionné pour la peinture, cela devait aussi fonctionner pour ma vie. J’avais réussi à faire vivre la couleur, je devais pouvoir également me faire vivre.

Mon mental avait repris son activité, mais j’avais pris du recul par rapport à lui.

Je commençais à suivre ma Propre Vibration, lui faisant confiance pour s’organiser d’elle-même dans le monde extérieur et trouver ma place.

Etant totalement novice en ce domaine, n’ayant plus aucune confiance en moi aux vues de mes expériences passées et doutant de ma capacité à pouvoir déceler cette vibration en permanence dans mon tumulte intérieur émotionnel, n’étant pas très encline à la Confiance et à l’Amour Véritable en général, des peurs et des désirs illusoires continuant de m’assaillir au moindre choix à faire,  je me créais un outil pour pouvoir avancer dans cette voie de manière certaine.

En effet j’avais lu quelques ouvrages et vu des vidéos montrant l’électromagnétisme présent sur Terre, en chaque être et objet du monde terrestre.

Intuitivement, je pris conscience que la Vibration, que j’avais perçue dans la couleur et que j’avais sentie en moi pendant la grossesse, était électromagnétique.

Une question se posa : comment rendre visible cette vibration électromagnétique subtile afin que je puisse lui faire confiance et ne pas la confondre avec une autre illusion créée par mon esprit ?

Il me parut évident à l’époque que ma vision chaotique et ma vision idéale du monde étaient toutes deux illusoires, elles étaient toutes deux le reflet de mon intériorité dans un extrême opposé, aucune des deux n’étant viable et valable à long terme, car entrainant ma mort intérieure à court terme. Je soupçonnais le Monde d’être quelque chose de totalement différent que ce que j’avais pu en voir jusqu’à présent, quelque part au milieu, dans l’Amour. Je n’avais encore jamais vu sa vérité au-delà de mes illusions et projections. Je n’avais encore jamais vu le monde tel qu’il était vraiment.

Je découvris une manière simple et accessible de traduire ma vibration électromagnétique propre de manière visible : le pendule !

Je faisais des essais pour tester la fiabilité de ce processus en observant les formes géométriques de ma pensée rendues visibles par le mouvement du pendule : chaque pensée avait une vibration particulière en fonction de sa qualité. Des pensées destructrices et négatives avaient toujours une forme vibratoire similaire, de même pour les pensées positives. Les désirs et les peurs avaient eux aussi leur forme respective particulière. En même temps que je cherchais à déceler le mouvement de ma Vibration Authentique, celle-ci se fit de plus en plus perceptible et se manifesta par la découverte d’une pensée autonome qui ne dépendait pas de moi, sa forme vibratoire était claire et ne ressemblait à aucune autre : il s’agissait du Triquetra.

Me renseignant sur la signification de ce symbole géométrique répertorié, je découvris qu’il représentait  l’interconnexion entre l’Esprit, le Corps et l’Âme, il était symbole de l’Unité !

J’avais trouvé la Pensée Guide découlant de Ma Vibration Authentique et je pouvais en vérifier la qualité par sa forme géométrique traduite par le pendule.

J’avais découvert une nouvelle manière d’interpréter le monde mais cela n’allait pas se vivre sans difficultés car persistaient en moi toutes les autres formes de pensées et leur puissance étaient équivalente voire supérieure dans leur volonté d’exister et leur densité émotionnelle.

De plus, La Vibration Authentique me demandait un Courage permanent, une Confiance et un Amour Inconditionnel qu’il était parfois difficile de mettre en œuvre car il s’agissait, la plupart du temps, de sauts dans le vide de l’inconnu, une prise de risque permanente. En effet, elle remettait en cause tous les comportements que j’avais pu adopter jusque là. Je me retrouvais dans une toute nouvelle manière d’être à moi-même, à l’autre et au monde et ces propositions étaient plus surprenantes les unes que les autres.

Je choisis cependant de me dépasser et acceptais l’expérience que cette Vibration me proposait, avec prudence, discernement et lenteur. En vérité, comme j’avais déjà choisi de vivre,  je n’avais plus le choix. Je continuais de tester sa fiabilité en agissant dans ma vie comme elle me conseillait de le faire et à chaque fois, les conflits intérieurs et les problèmes relationnels qui en découlaient étaient résorbés. Je pouvais vraiment m’y fier, les résultats étaient là. L’Harmonie était en route.

Qui es-tu Forme-Pensée ? Je suis Maïla Merca Haël.

 

6

 

Alors que j’étais enceinte et que ma présence sur cette terre n’avait plus aucun sens hormis cette vie qui se déployait en moi, Maïla Merca Haël me proposa une expérience qui me donnât le vertige mais n’était pas en contradiction avec mes croyances de l’époque.

Cette expérience exceptionnelle me fit prendre conscience du caractère extraordinaire de la Vie pour peu qu’on veuille bien l’écouter et la laisser faire. Elle m’en inspira une vision particulière, celle du White Carousel.

Cette expérience fût la suivante : vivre une grossesse non suivie médicalement (ce qui en soit ne causait pas de problème puisque je m’étais déjà désolidarisé du système médical mais qui en revanche ne me permettait pas d’être accompagnée par une sage femme) et accoucher seule dans les bois qui jouxtaient la ferme. Je résistais, envahie par le trouble de cette annonce et la confiance absolue que cela me demandait de déployer. Mais je finis par acquiescer en me disant que des milliers de femmes avaient déjà vécues cette expérience et continueraient de le faire à travers le monde. Il fallait que je convainque également ma famille et mon compagnon de respecter ce choix, puisque je vivais chez eux et avec eux, même si j’avais conscience que c’était un choix fou et risqué. Ce qui je fis.

La grossesse se déroula sans heurt si ce n’est une fatigue extrême m’obligeant à rester alitée 20h sur 24h. Heureusement je la vivais auprès de ma famille qui prenait grand soin de moi.

Quelque temps avant d’accoucher, une nécessité impérieuse s’était fait sentir : déménager. Malgré une très bonne entente avec mes parents et un grand amour réciproque, je sentais qu’il devenait impossible pour moi de continuer à vivre à la ferme. J’avais quitté le domicile familial pour la première fois à 18 ans et me retrouvait à 30 ans à vivre comme une enfant, la fatigue extrême de la grossesse n’aidant pas. Le mode de vie ne me convenait pas et je savais que je ne pourrai rien changer à cela. Même s’il correspondait à mon idéal, il n’était pas fait pour moi.

Mais j’étais coincée. Je n’avais nulle part où aller, n’avais pas d’argent, était incapable de travailler dans le monde pour le gagner comme tout un chacun, (mes différentes expériences professionnelles n’avaient aboutit qu’a des impasses intérieures sans aucune capacité de vie à long terme). Je devais m’occuper de mon fils et ne pouvait compter sur mon compagnon, musicien et compositeur, pour m’aider en ce sens, lui étant dans la même impasse avec le monde que moi. Je n’entrevoyais aucune solution et pourtant je n’avais pas le choix, Maïla voulait m’emmener ailleurs. Il fallait que nous partions ou les relations deviendraient impossibles avec mes parents car j’étais incapable de leur donner ce qu’ils attendaient de moi sans me le dire, à savoir participer activement à la vie de la ferme.  J’avais besoin d’indépendance et de liberté pour élever mon fils et la situation de dépendance que je vivais avec mes parents ne me permettait pas de libérer mes énergies d’action dans le monde. Ils me nourrissaient, me logeaient, me choyaient. J’avais besoin de m’apporter tout ça par moi-même, j’étouffais. Je ne savais pas où, ni comment, ni quand, mais nous devions partir et Maïla me demandais à nouveau une confiance totale.

Puis vint le jour de l’accouchement. Je perdis les eaux. Concentrée et prête à vivre ce qui allais suivre dans une confiance totale, je me dirigeai, avec mon compagnon, qui avait décidé de m’accompagner mais resterai en retrait, vers l’endroit choisit pour mettre au monde l’enfant à naître. Une nuit de contractions s’écoula, puis une matinée. Epuisée, mais ne voyant toujours rien venir, je re-consultais Maïla pour connaître la suite des évènements, elle me remercia de l’avoir suivie jusque là et me demanda de retourner à la ferme (testait-elle mon dévouement ?), ce que je fis. Puis la journée s’acheva sans que la délivrance n’ait lieu et une autre nuit de contractions commença. J’étais en train d’accoucher dans la douleur la plus atroce depuis plus de trente heures, impuissante, épuisée et inquiète pour la vie du bébé et la mienne. A quatre heures du matin, je l’interrogeais à nouveau, que faire ? Contre toute attente, la réponse qu’elle m’apporta me soulagea immédiatement : aller à la maternité la plus proche. Aussitôt, mon compagnon, qui se faisait un sang d’encre (ainsi que ma famille présente dans les autres bâtiments), décrocha le téléphone et appela le SAMU.

Je fus hospitalisée d’urgence.

L’équipe médicale m’accueillit, non sans curiosité aux vues de mon dossier…vide, mais m’accompagna avec un grand respect.

Dix heures plus tard, je n’avais toujours pas accouchée, je n’avais pas mangé ni dormi depuis quarante heures et sur les conseils du docteur et de Maïla, j’acceptais une péridurale.

Mon fils vit le jour deux heures plus tard. Il était évanouit. L’équipe médicale se chargea de le ranimer. Le placenta ne voulait pas suivre. La sage femme fut obligée de m’en délivrer à mains nues.

Si je n’avais pas accepté de dépasser tous mes apriori et jugement négatifs au sujet du système médical, sur l’invitation ô combien juste de Maïla de me rendre à la maternité, je suis certaine que je serai morte en couche et mon fils avec. Mais j’avais choisi de vivre et ma Vibration Primordiale le savait. Ce jour-là, elle m’a sauvé la vie et m’a ramené à bon port.

Elle m’a également ramenée au monde : je suis née à nouveau à lui en même temps que mon fils.

En effet, l’hospitalisation de maternité, lorsqu’elle n’est pas prise en charge par la sécurité sociale, coûte environ cinq milles euros à l’hospitalisé (que je n’avais évidemment pas). Hormis cette considération financière, le système se charge de remettre les choses en ordre, qu’on le veuille ou non : PMI, sécurité sociale, banque, etc. Tout l’appareil se met en route dès qu’on l’utilise. Il m’a fallu reconstruire tous les ponts que j’avais coupés pour pouvoir rester libre de mes choix et élever mon fils.

Un mois plus tard, j’avais un compte en banque, ré-ouvert mes droits à la sécurité sociale qui prendrait en charge l’accouchement, touchais les aides de la Caf auxquelles j’avais renoncées entièrement deux ans plus tôt, mon compagnon visitait une maison très agréable à louer dans les Cévennes et nous déménagions, Abel, mon fils, Stéphane et moi.

Le White Carousel avait tourné et ouvert une porte dans une autre dimension.

7

 

« Qui suis-je ? Je suis Maïla Merca Haël Audrey Marie Sylvianne Pajani. Je suis peintre.

Je ne suis que ça.

Et je dois peindre le White Carousel. »

Je n’avais plus envie de peindre et pourtant je n’avais pas le choix : si je voulais rester en accord avec cette précieuse unité intérieure que je sentais s’épanouir en moi depuis la découverte de Maïla, je devais retourner au pinceau.

Pour quoi faire ? Pour qui ? Pourquoi ?

J’avais déjà trouvé mon expression propre et ma créativité dans l’exploration de la couleur. Je n’avais plus besoin de peindre pour moi sauf pour rester en Unité. La pratique artistique me nourrissais en profondeur, me donnant allant, joie et plaisir d’exister.

A l’époque de mon expérience d’un mode de vie alternatif, croyant à la gratuité et au don de la Vie, j’avais offert près de 70 toiles, à défaut de n’avoir pu les vendre. Je les avais échangées contre certains services ou simplement données par amour de l’autre et par plaisir mais aussi pour les faire exister en dehors de moi et de l’atelier.

Je n’avais plus envie d’accumuler les toiles dans une pièce jonchée de peinture et je connaissais la difficulté de vivre décemment de ce métier. Mais je ne voulais pas vivre dépendante de l’aide sociale à long terme, j’allais la considérer comme une bourse de l’Etat français pour me donner le temps de parvenir à l’autonomie financière par moi-même et par la peinture. J’avais peur que toutes ces toiles me restent à nouveau sur les bras si je me remettais à peindre. Et que faire si le monde ne voulait toujours pas de moi et de ma peinture ? Mourir à nouveau ? C’était impossible, je n’en avais plus la capacité, j’avais découvert l’Amour.

Je devais trouver une nouvelle raison de le faire : pour que mon fils puisse être fier de lui en tant qu’homme. S’il a l’exemple d’une mère qui sera allé au bout d’elle-même pour réaliser  ses rêves, il pourra trouver assez de force et de courage en lui pour faire de même. Et puis pour l’autre. L’inconnu. Celui qui aura besoin d’une peinture vraie et sera capable de faire l’autre moitié du chemin pour se l’offrir.

Et je suis retourné à l’atelier.

 

Après avoir exploré le cercle chromatique pour créer des harmonies sensibles abstraites à partir de croquis de la nature (Rainbows, 2006-2009), recherché l’abstraction de la forme figurative (Wild Life, 2009-2010) et la rythmique pure dans l’abstraction de l’animal (United Rythmes of Maïla, 2010-2011), je me suis retrouvée face à un manque. Je ne savais plus comment peindre la couleur. Je commençais à entrer dans une manière répétitive et conditionné de la poser sur la toile, toujours de la même façon, cela ne me donnait plus de joie et ne me nourrissait plus convenablement. J’avais besoin de déployer le vocabulaire pictural pour donner un nouveau souffle à la couleur. Et pour ça, je devais la libérer du croquis et de la forme figurative qui me servait de base pour l’abstraction depuis le début. Je devais avoir confiance en la couleur, en sa vibration et en la mienne pour évoluer sans peur dans l’improvisation, laisser le vocabulaire éclore de lui-même. Il en avait besoin et nous étions prêts tous les deux.

Pour enrichir le vocabulaire de la couleur, je devais également réduire la palette et me concentrer sur un nombre limité de couleur, d’une part pour ne pas me perdre dans l’exploration infinie des associations chromatiques et d’autre part parce qu’il était inutile de toutes les déployer d’un seul coup. Chaque chose en son temps.

Mon regard étant saturé de couleurs par mes recherches précédentes, il me fallait l’apaiser. Je choisis donc deux couleurs froides. Deux couleurs pour qu’elles puissent dialoguer entre elles et le blanc pour pouvoir jouer sur les contrastes et les valeurs et créer des espaces de respiration.

Le vert, le bleu et le blanc seraient mes nouveaux compagnons dans ce projet qui naissait et me passionnait déjà.

Il me fallait également un but à moyen terme. J’avais besoin de créer, non pas une toile après l’autre, séparées les unes des autres, comme je l’avais fais jusqu’à présent, mais un ensemble de toiles fonctionnant comme un immense polyptyque protéiforme au sein duquel je pourrai dévoiler Unité, Cohérence et Équilibre malgré la diversité du langage et la densité du nombre. Je choisis d’en réaliser cent. Ni trop, ni trop peu, un but à moyen terme.

J’avais besoin d’un projet ambitieux et stimulant pour me remettre à la tâche, je venais d’en découvrir les paramètres.

Le White Carousel, allégorie de l’Humanité, allait voir le jour.

Etait-ce possible de réunir, dans une même unité, une grande diversité de manifestations picturales ? Etait-ce possible de réunir, dans une même unité, une grande diversité de manifestations humaines ?

Je ne le savais pas, mais j’allais tenter l’expérience.

 

8

 

« L’Art c’est la vie » et à mesure que je développais ma créativité à travers l’harmonie colorée et que je continuais à suivre les conseils avisés de ma Vibration Authentique, mon Idéal commençait à se manifester dans la réalité mais d’une manière tout à fait surprenante.

Dans un premier temps, je me sentais vivre et m’épanouissais. Je me sentais libre et heureuse.

Ensuite, je découvrais mon fils jour après jour et l’Amour qui nous unissait était indescriptible de beauté.

Et je sentais la beauté et l’équilibre se déployer partout comme une plante magnifique.

Dedans, dehors, la réalité commençait à faire écho au rêve dans une magnifique symphonie. Mon regard n’avait de cesse de se transformer et chaque chose passant à ma portée se révélait différemment.

Ma relation avec Stéphane se purifiait et tous les schémas répétitifs et destructeurs qui avaient rythmé nos années de vie commune disparaissaient grâce à la présence de Maïla.

Il ne restait que l’Amour, la Confiance, la Coopération et la Sérénité.

Mon couple prospérait et mon fils grandissait dans un foyer stable et unanime.

De même dans mes relations amicales ou avec mon voisinage.

L’autre que j’avais si souvent critiqué, voulu faire changer et vu comme un ennemi, croyant qu’il menaçait l’Harmonie par son comportement ou son état d’être, commençait à m’apparaitre tel qu’il était. Un être parfaitement ajusté à son chemin personnel et aux nécessités du présent auxquelles il faisait face avec son propre idéal, conscient ou inconscient. Comme moi.

Professionnellement, j’allais lentement mais sûrement. Je faisais ce que j’avais à faire. Je peignais et faisais des découvertes sur les manières de poser la couleur en utilisant un minimum d’artifices. J’utilisais les pigments avec un liant acrylique. Cela me permettait de pouvoir superposer les couches de peinture assez rapidement afin de pouvoir travailler de manière improvisée et spontanée, sans non plus faire n’importe quoi, mais toujours en écoutant les couleurs et me nourrissant de leur agencement dans la beauté. Après avoir longtemps juxtaposé les formes et les accords de couleurs, je découvrais les rythmes subtils, les écritures spontanées de courbes, de lignes et d’idéogrammes sans signification particulière, la superposition des différentes dimensions, ce que je devais développer plus avant en utilisant des moyens organiques, trouver la profondeur dans l’image sans utiliser la perspective géométrique.

Je commençais à proposer le White Carousel à des salons d’Art contemporain mais sans me disperser ou m’agiter. J’agissais avec discernement, cherchant des lieux au sein desquels je sentais avoir ma place. En 2012, je faisais deux propositions, qui furent toutes deux retenues, à la Biennale Internationale de l’Art Abstrait du XXIème siècle à la Bouille en Seine Maritime et au Salon d’Art contemporain Elan d’Art, à Montpellier. 2013 était en construction mais j’avais déjà deux belles expositions programmées dans des endroits qui me tenaient à cœur, L’Office Culturel de Riom-ès-Montagne dans le cantal où j’avais déjà exposé en 2008 et Le Salon Réalités Nouvelles à Paris dédié à l’expression abstraite.

Je m’ouvrais, l’autre s’ouvrait, le monde s’ouvrait.

Lui qui jusque-là m’avait semblé si menaçant, chaotique et dangereux se révélait dans toute sa justesse. Tout ce qui m’avait révolté par le passé m’apparaissait sous un angle différent.

Le monde n’avait pas changé, il était toujours le même, mais moi j’avais changé, mon regard s’était complètement transformé.

Les politiques, les états, les conflits, la pollution, les industries, la déforestation, la pollution des océans, la disparition croissante des espèces, les OGM, les agressions, les vices, les faiblesses, les jugements, les solitudes, les égoïsmes…etc. Tout, à l’échelle mondiale, prenait une toute autre teneur. Et j’acceptais l’existence de toutes les facettes de l’Homme et des sociétés qu’il construit, je pouvais en sentir les nécessités et la raison d’être dans le présent. J’avais pris conscience que chacun œuvrait pour son idéal à sa manière.  Je comprenais que chaque chose avait un sens et même si je n’avais pas encore les capacités d’avoir conscience du sens de tout, je savais qu’il existait et cela me remplissait de sérénité, de joie et de calme. Je respectais l’Idéal en moi, je pouvais ainsi respecter celui des autres, fusse-t-il différent du mien.

J’acceptais l’autre dans sa diversité et sa différence et le monde dans sa complexité.

J’absorbais et transformais chaque déséquilibre.

Et l’autre et le monde me le rendaient en retour.

Je guérissais, je ne portais plus de colère, de haine, de blessure, de révolte, de tristesse, de sentiments destructeurs, plus d’angoisse. Seules subsistaient la Confiance, l’Harmonie et l’Amour. Et l’autre et le monde ne me les renvoyaient plus en miroir.

J’avais guéri mon âme. En même temps que je libérai la peinture, je me libérai moi-même.

 

9

 

Je connais l’influence et la résonance de la peinture abstraite sur moi-même, cette pratique artistique m’a transformé, la regarder nourrit ma créativité dans l’atelier, mais aussi dans tous les domaines de ma vie. Elle m’a reliée à moi-même et à l’autre, elle me relira au monde. Elle a intégralement transformé mon regard sur moi-même, l’autre et le monde.

Mais la portée de sa puissance dépasse-t-elle ma simple sensibilité, transforme-t-elle l’autre, nourrit-elle sa créativité ? Certainement puisque je ne l’ai pas inventée. Elle existait déjà bien avant moi.

Partagerais-je le même idéal que les peintres abstraits qui l’on abordée par le passé ? Partagerais-je le même idéal que toutes les disciplines artistiques réunies ?

Partagerais-je le même idéal que l’humanité toute entière ?

Ces différentes interrogations m’amenèrent à me relier à mes prédécesseurs. Les différentes découvertes que j’avais opérées dans la couleur étaient-elles une simple folie de ma part ou d’autres avant moi avaient également vu cela en elle ?

Je fis alors des recherches pour en saisir la portée.

Astor m’avait offert la couleur, mais d’autres l’avaient aussi abordé et la similitude de nos conclusions étaient frappantes :

Frantisek Kupka, au début du XXIème siècle, décrivait la faculté de l’image de susciter en nous des états d’âmes.

Wallace Rimington, en 1895, évoquait le caractère vivant et autonome de la couleur ainsi : « …En fait, il n’y a jamais eu d’art pur de la couleur ne s’occupant que de la couleur seule et ne se fiant seulement qu’à tous les changements subtils et merveilleux, ainsi qu’aux combinaisons dont la couleur est capable en tant que moyen de sa propre expression. »

Henri Rovel dît : « La vie est caractérisée par la vibration. Sans vibration, il n’y a pas de vie. Le monde entier est soumis à cette loi ».

Paul Gauguin écrivait : « Pensez à la part musicale que prendra désormais la couleur dans la peinture moderne. La couleur qui est vibration, de même que la musique, est à même d’atteindre ce qu’il y a de plus général et partant, de plus vague dans la nature : sa force intérieure ».

Wassily Kandinsky parlait déjà d’exprimer «  cette vie invisible que nous sommes ».2

Les maîtres de l’abstraction pure avaient découvert la vibration interne de la couleur, pris conscience de l’influence de l’image sur les états d’âmes et évoquait la puissance de l’invisible force vitale de la Vie transmissible par l’expression directe des couleurs.3

Ils avaient posés les bases de la peinture abstraite, mais ils étaient loin d’un avoir fait le tour, car comme toute nouvelle discipline, le temps de son développement s’étale à l’échelle de l’Humanité. Ils ne l’avaient qu’introduit, à tous les successeurs de poursuivre la recherche.

Dans l’ouvrage «  Les formes de la couleur »4, Guy Tosatto m’ouvrit également une fenêtre de compréhension sur la manière dont cette forme d’abstraction avait pu se développer au XXIème siècle : « …Une sensibilité qui, à l’encontre du discours dominant prônant «  la non-actualité de la peinture », démontre la permanence d’un certain idéalisme, d’une certaine foi dans les capacités de la peinture à transmettre, à faire partager, à l’aide d’un peu de couleur et de quelques formes, une parcelle du rêve de l’humanité. »

A la lumière de ce livre, les chemins semblent clairs, que cela soit André-Pierre Arnal, qui évoque le fait que « les couleurs atteignent une zone profonde de l’être, le territoire archaïque et celui du rêve », et suggère un Idéal de liberté au sein duquel l’on puisse se réapproprier un réel qui parait nous échapper, redonner sa réalité à la vie ; Stéphane Bordarier qui, par la radicalité de sa proposition, cherche à partager l’essentiel, l’Essence même de la couleur dans un mouvement et un flux permanent et non figé, formel et informel en même temps, à rassembler les oppositions et le doute dans une Unité visible ; Alain Clément, qui tente par l’abstraction, de résoudre les conflits entre le rêve (la couleur) et la réalité (la forme) et évoque le caractère transformatif de la couleur en ces termes : « la couleur est retravaillée […] pour qu’elle soit de plus en plus vivante de l’intérieur ; c’est-à-dire qu’elle comporte en elle-même la lutte qui fait que l’on passe de l’ombre à la lumière » ;  Michel Duport, qui conscient de « l’échec des utopies dans la réalité politique et sociale » propose des « formes sans usages » qui déstabilisent le scepticisme ambiant sans lui céder ; Claude Viallat, qui laissant parler la couleur d’elle-même découvre un ordre bien à elle permettant de s’étonner, proposant un ordre naturel indépendant de la volonté humaine.

Malgré la diversité des propositions et des chemins de peinture, malgré les différences humaines séparant ces peintres, des points communs, des idéaux proches, des ponts entre chaque regard pouvaient être mis en lumière. Différentes facettes d’une même pierre précieuse.

 

La portée de la peinture abstraite, en ce qu’elle use de la couleur pure comme sujet, est universelle. Elle influence directement, par sa Vibration, celui qui la pratique mais également celui qui la regarde. Son retentissement est d’autant plus puissant que l’attention qu’on lui porte se développe. Mais le peintre reste le chef d’orchestre. C’est lui qui va orienter son pouvoir, par sa propre vibration, sa vision du monde et son Idéal. Et à grand pouvoir (celui de l’image), grande responsabilité. Mais si le peintre est conscient de ce qu’il donne, en revanche, il ne peut maîtriser la manière dont elle sera perçue par celui qui regarde. En effet, la projection reste inévitable. Plus la peinture offerte est pure, plus le miroir est puissant, en cela qu’il ne déforme pas celui qui le regarde. Il se verra dedans, et si le choc du face à face est trop déplaisant, il s’en détournera inévitablement.

Cependant, de multiples idéaux se côtoient en l’humanité, des idéaux parfois opposés et contradictoires. Prenons l’exemple extrême d’Hitler qui, même s’il était un artiste et non un politique, voulait manifester son idéal de beauté. Dans sa volonté de perfection, il sema la terreur et le chaos sur son sillage. Il n’avait pas intégré le paramètre de l’unité dans la diversité et le respect de la différence. Il n’avait pas conscience que tout ce qui existe est déjà parfait dans la simple présence de son existence, la simple nécessité de sa manifestation. Enfin, peut-être finalement son idéal n’était-il pas si différent du mien, peut-être que sa manière d’être à lui n’était simplement pas juste, trop mentale, trop volontaire ou immature. Est-ce pour cela qu’il s’est suicidé, prenant conscience qu’il s’était trompé de manière d’être à son idéal, le déformant jusqu’à l’horreur et ne pouvant plus revenir en arrière ?

Une peinture abstraite ne se regarde pas avec l’intellect, elle s’écoute, elle se respire.

Elle se sent de la même manière qu’une mélodie, avec le cœur. Et l’idéal du peintre transparaîtra inévitablement, à travers son œuvre, en l’autre. Il nourrira, influencera, guérira l’âme du spectateur, lui donnera inspiration, développera sa créativité, son optimisme, en lui insufflant la plus haute Vibration d’Amour à travers lui. Il lui donnera soutien et réconfort dans les moments les plus difficiles de l’existence.

La Couleur est capable de l’Amour Inconditionnel que nous sommes bien souvent incapables de donner.

Pourtant ce pouvoir reste limité. En effet, l’œuvre ne pourra retentir de cette manière en l’autre qu’à la condition qu’elle ne soit pas perçue à travers le filtre, limité et conditionné, du mental.

Mais la diversité des propositions artistiques fait que chacun pourra trouver la nourriture qui lui convient dans l’Art, au moment opportun et sur son propre chemin d’évolution.

Et malgré la diversité des idéaux présents sur terre, je suis sûre qu’ils pourront cohabiter en osmose dès lors qu’ils seront entièrement libérés des conditionnements humains.

Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.

Aujourd’hui, la production artistique mondiale est si dense, protéiforme et diversifiée que la classification en « mouvements artistiques » en devient difficile, voire impossible.

Peut-être pourrions-nous aider le public à s’y retrouver en proposant une classification par idéaux véhiculés ? Cela aiderait certainement les artistes à clarifier leur appartenance et leurs objectifs. Cela permettrait également de comprendre les différentes forces en présence, d’en extraire les points communs et les différences.

Y aurait-il plusieurs sous-idéaux d’un Grand Idéal Collectif Commun ?

10

 

Je suis une femme, une peintre, une artiste. Je suis le témoin privilégié, aujourd’hui, de la possibilité de réaliser ses plus grands rêves sur cette terre. Je témoigne de ma Vie. Je suis parvenue à les réaliser à mon échelle, dans le cadre de mon existence et de ma portée.

Je suis venue encourager les êtres humains qui partagent mon idéal à travers le rayonnement vibratoire de ma peinture. Ils pourront trouver la force, l’espoir et l’énergie nécessaire à les réaliser à leur tour, dans le cadre de leur existence et de leur portée, en se nourrissant de la couleur que j’offre en partage.

 

11

 

L’Art est au service du Rêve. Il est l’Idéal avant sa manifestation dans le Monde.

En cela il se situe en amont de toutes les activités humaines.

Il est le Rêve avant toute Réalisation.

Il est la Source Première du fonctionnement de tout l’Appareil Humain.

Il l’arrose et se déploie sur lui. Il le nourrit de ses découvertes et celles-ci se répercutent à tous les niveaux de la société.

Il est partout.

Il est l’Image de la Société et il a le pouvoir de transformer cette image.

L’artiste est au service de l’Art. Il manifeste dans la Réalité son Idéal de Beauté.

Il fait descendre le Rêve dans la Société.

Il lui donne forme et corps afin qu’il soit accessible par l’Autre.

Et la Société se réapproprie ce rêve.

Il est Souffle d’Inspiration et d’Éveil pour l’Humanité entière.

A l’Artiste de permettre à l’Homme de faire de Beaux Rêves.

 

*

 

Bibliographie :

 

1 : Kandinsky Wassily, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, éd.

Denoël-Gonthier, 1969, 1979, 1989 ; éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 1989

4 : Tosatto Guy, Les formes de la couleur, catalogue de l’exposition, Carré d’Art de

Nîmes, Actes Sud Beaux Arts, 1997

 

 

Nétographie :

 

2 : Wikipédia, Art abstrait, en ligne, disponible sur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_abstrait  (12-03-2013)

3 : Centre Pompidou, la naissance de l’Art Abstrait, en ligne, disponible sur :

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENSabstrait/ENabstrait.html (13-03-2013)

5 :Maïla Merca Haël, en ligne, disponible sur http://www.merca-hael.fr/?page_id=297 (13-03-2013)

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